Portrait

Hélène Vasseur, chroniqueuse marchés du gras

Le bureau d'Hélène Vasseur n'a rien de l'idée qu'on se fait d'une rédaction. Pas de plante grasse, pas de citation motivationnelle au mur. Sur la table, deux écrans alignés, une calculette graphique, et une pile de relevés de l'indice BIDON-FR annotés au crayon. On se croirait dans une salle de trading.

« Mes lecteurs ne viennent pas chercher de l'empathie », tranche-t-elle d'entrée. « Ils viennent chercher du rendement. »

Une trajectoire atypique

Avant de rejoindre la Gazette du Gras en janvier 2026, Hélène Vasseur a passé dix ans en gestion privée, puis trois ans en hedge fund quantitatif. Elle n'est ni coach ni diététicienne — « et je ne prétends pas l'être ». Ce qu'elle apporte à la rédaction, c'est un regard : celui de quelqu'un qui a passé quinze ans à lire des courbes et à expliquer pourquoi l'on prend les mauvaises décisions au mauvais moment.

« Un client de la banque gérait quarante millions et n'arrivait plus à monter un étage. Personne dans son écosystème ne lui parlait de ça. J'ai compris qu'il y avait là un marché que la presse économique ne couvrait pas. »

La chronique du lundi matin

Chaque semaine, elle commente le fixing du lundi, les corrections du week-end et les bulles saisonnières — raclette de janvier, barbecue de juin. Sa ligne n'a pas bougé depuis le premier numéro : pas de miracle, pas de produit dérivé, pas de régime à la mode.

« Je ne crois pas à la motivation. Je crois aux process. Quand on tient le process, le résultat suit. C'est la même mécanique qu'en finance. »

Ce qu'elle ne vend pas

Pas de secret révolutionnaire — et c'est précisément ce qu'elle revendique. « Tout ce qui marche est déjà connu. Le déficit calorique, la marche quotidienne, la qualité du sommeil. La vraie compétence, c'est de tenir un cadre. »

Elle ne suit personne et ne prend aucun mandat : ce travail-là revient aux coachs. « Mon rôle, c'est de vous faire lever pour la cloche d'ouverture. Pour la suite, il y a le compte libre, un gestionnaire que vous choisissez, ou un mandat confié à un coach certifié. Le meilleur des trois ? Celui qui correspond à votre portefeuille. » Les trois sont détaillés sur la page des formules.

Ce qu'elle dirait à un nouveau lecteur

« Que vous viendrez chercher des kilos et que vous repartirez avec autre chose. Les lecteurs qui tiennent six mois m'écrivent souvent que ce n'est plus la balance qui les motive — ce sont les nouveaux costumes. C'est exactement le moment où l'on sait que ça va marcher. »

À ceux qui voient dans le concept Bourse du Gras une provocation, elle répond, sans s'énerver : « Si le mot vous gêne, c'est que vous avez compris. C'est gênant, oui. C'est aussi efficace. »

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